Définition
De Feng Shui, Fung Shui ou Fong Choei, dont la traduction littérale est vent et eau, nous retiendrons, au cours de notre exposé, le terme de Feng Shui qui est le plus utilisé.
Donnons-en tout d’abord les deux définitions les plus précises et les moins sujettes à caution :
- Encyclopedia Sinica : « …Art d’adapter les résidences des vivants et des morts pour coopérer et s’harmoniser avec les courants locaux du souffle cosmique »
- François Martel : « Discipline pratiquée en Chine depuis plusieurs siècles, le Feng Shui a pour objet de déterminer avec précision l’orientation et l’emplacement d’une demeure, en fonction de la topologie du site et des caractéristiques propres à son futur habitant. Le terme « demeure » recouvre ici les résidences à usage privé ou professionnel, les tombes, les autels des ancêtres, les temples, c’est à dire tout domicile d’un vivant, d’un mort, d’un esprit ou d’un dieu ».
On remarque que la traduction occidentale de Feng Shui : « Géomancie » ne correspond pas à la matière définie ci-dessus : en fait le Feng shui n’est pas un art divinatoire.
Le Feng Shui paraît être surtout une médecine et une géographie populaire ; un outil opérationnel en urbanisme, architecture, art décoratif et paysager, une « géobiologie » orientale , ou, mieux encore, une « médecine chinoise du paysage et de l’habitat ».
Qu’est-ce que la « géographie » ? : « La géographie a pour mission de chercher comment les lois physiques et biologiques qui régissent le globe, se combinent et se modifient en s’appliquant aux diverses parties de la surface… » (P. Vidal de la Blanche).
La géographie est donc une science de la description et de l’explication des lieux. En ce sens le Feng Shui est bien une géographie car son objet est bien l’analyse des rapports entre l’Homme et son environnement, une description et une explication des lieux, mais à travers le modèle culturel oriental.
Les liens très étroits entre médecine et géographie sont explicitement dévoilés par George Soulié de Morant, introducteur de l’acupuncture en Occident : « … Les Chinois, de temps immémorial, ont attaché une importance considérable, pour la santé et le succès de leur famille, aux émanations du lieu de leur maison. Toute une science est née, le « Fong Choei » ou « Vent et Eau », qui est utilisée en acupuncture car les traitements varient selon l’influx du lieu. De nombreux ouvrages existent à ce sujet ; ils ont jusqu’ici rebuté les sinologues européens qui n’en comprennent ni les termes, ni l’esprit ».
Objectivement, on peut de moins en moins contester les résultats obtenus par l’acuponcture, fondée exactement sur les mêmes principes, non seulement en Orient, depuis des siècles ; mais aussi en Occident, depuis environ soixante ans ; c’est-à-dire hors de son contexte culturel d’origine.
A partir de là, il nous semble qu’un des meilleurs moyens d’avancer sur la question est d’expérimenter avec le Feng Shui ce qui a été tenté avec succès pour l’acuponcture : un transfert de technologie d’Orient en Occident, en donnant à cette étude un caractère très pragmatique, et en s’efforçant, peu à peu, d’établir des études plus quantitatives.